"Le plus difficile est de se rendre compte qu'on commence de zéro"
Ludovic habite à Strasbourg et a été l’un des premiers certifiés selon les nouveaux critères d’évaluation. Il revient, pour nous, sur son parcours.
Merci d’avoir accepté notre invitation, pouvez-vous nous parler de votre rencontre avec le Yoga Iyengar® ?
Une amie travaillait dans un centre de yoga “multi-styles” et nous a convaincus, ma femme et moi, de commencer le yoga. Cette amie nous recommandait les enseignants dont il fallait suivre les cours.
J'ai testé d'abord plusieurs styles de yoga - notamment de l'Acroyoga pendant deux ans - et puis le Yoga Iyengar® fin 2017. Au fur et à mesure, j'ai arrêté les autres cours pour ne pratiquer exclusivement que du Yoga Iyengar®.
Quand Jean-Michel Kuhry est arrivé à Strasbourg en 2017, personne ne le connaissait mais on a vite entendu parler de lui, notamment parce qu’il avait une voix qui portait dans les couloirs !
Quel a été le déclic qui vous a amené à vouloir commencer le mentorat / la formation pour enseigner le Yoga Iyengar® ?
Il y a eu deux étapes.
D’abord, ma prof d'Acroyoga, dont j'étais assez proche car nous faisions des démonstrations ensemble, m'a dit un jour que si elle devait choisir un remplaçant ce serait moi, alors que je n'avais aucune certification. Elle disait qu'elle voyait que j’aimais partager, que j’avais de la compassion pour les élèves, en bref, que j'avais les qualités d'un prof.
Ça a donc été le premier déclic, qu'un autre prof voit en moi ces qualités-là. Je me suis dit pourquoi pas, c'est vrai que j'aimais déjà bien démontrer et expliquer.
L'autre déclic, fût mon premier stage d’été d’une semaine en 2019 avec Jean-Michel.
Quand on pratique toute une semaine, de façon intense le matin, puis avec le pranayama et les inversions l'après-midi, un peu de philo, des extraits des textes de référence, cela permet d’aborder toutes les facettes du Yoga Iyengar®. J'ai découvert à ce moment-là, la profondeur de cette pratique.
C'est comme si j'étais en 2D et que là je basculais en 3D, une dimension se rajoutait !
Puis la graine a germé et - alors que j‘étais encore un peu partagé entre l'Acroyoga et le Yoga Iyengar® - ce stage en 2019 m'a permis de réaliser que j'étais mordu.
Cela s'est fait progressivement puisqu'il y a eu le Covid en 2020, il y a eu également la réforme sur les certificats et les évaluations, j’ai donc dû être patient.
Pouvez-vous nous dire ce qui a été le plus difficile dans cette formation ? Ce à quoi vous ne vous attendiez pas ?
Le plus difficile pour moi a été de me rendre compte que je recommençais à zéro, peu importe le niveau de pratique que j’avais, il fallait repartir de la base pour guider ou accompagner un groupe d’élèves et apprendre à se mettre à leur portée, comprendre leurs difficultés.
Il y a eu deux chocs.
D’abord le premier cours où j'ai enseigné avec Jean-Michel : je n’avais pas les mots ni les automatismes et il fallait que je m'habitue à projeter ma voix devant 20 personnes.
Et puis, il y a eu le moment où je me suis retrouvé seul à devoir enseigner à tout un groupe, j'étais un peu perdu au tout début.
Je me souviens aussi qu’après mes premiers cours j’avais mal à la gorge !
En résumé, le plus difficile pour moi était principalement la partie enseignement et surtout de trouver ma voix, trouver les bons mots. Mais c'est là où j'ai le plus progressé grâce au mentorat.
Et le plus enrichissant ?
Ce n’est pas lié directement à la formation mais je dirai que c'est ce qui est autour : sentir que l'on est accompagné au quotidien par le mentor, mais aussi qu'on rentre - c'est le cas chez nous à Strasbourg - progressivement dans le groupe des enseignants du centre, et de sentir qu’on n’est pas seul, qu’on fait parti d’une équipe.
En quelques mots, comment s’est passée votre certification ? Par rapport à ce que vous attendiez ?
C’était la première évaluation du genre suite à la réforme instaurée par le RIMYI, je n’avais aucun repère même si j’avais participé à une évaluation en tant qu'élève volontaire en 2020 à Strasbourg.
Je pense qu'on était très bien préparés et ça nous mettait en confiance. Jean-Michel estimait qu'on était prêts Sabine et moi. Il nous fallait juste peaufiner les petits détails. Le stress est monté quelques jours avant l’évaluation.
Je me suis préparé à une évaluation hyper dure, je me sentais capable d’encaisser.
Et dès le début, le jury nous a mis en confiance. Nous avons lu la charte éthique, ils nous ont rassuré en nous disant que s'ils nous faisaient des retours ou des remarques ça n’était pas une sanction mais pour qu'on puisse grandir, avoir un œil nouveau sur notre pratique.
Nous ne connaissions pas les membres du jury donc c'était aussi l'occasion de voir ce que d'autres personnes pensaient de notre pratique et de notre enseignement.
J'étais plutôt confiant et prêt pour la première journée de pratique car c'est un volet dans lequel je me sens à l’aise.
J'avais déjà répété, on avait fait des examens blancs avec mon mentor, des pratiques guidées et d'inversions. Chez moi, j'ai pratiqué plusieurs fois les jours d'avant cette demi-heure de pratique d'inversions pour être sûr d'être dans les temps, et de gérer mon timing.
A la fin du premier jour, les examinateurs nous ont indiqué les postures à enseigner le lendemain. Pour moi c’était : Virabhadrasana III, Marichyasana III et Dhanurasana. J'ai pu me préparer le samedi soir et toute la journée du dimanche puisque j’avais la chance de passer le dernier, à 15 heures.
Je n’ai pas arrêté pas de penser à mes postures, je me demandais si je devais développer ou non, quelles variations faire, etc.
Pour le cas spécial qu'on découvre le dimanche, j’ai révisé toute la série : mal au genou, au bas du dos, si une femme est réglée, etc. Je n'ai pensé qu'à ça !
J’avais l’avantage d’être "à la maison" à Strasbourg et de connaître les élèves, au moins de vue.
Le moment venu j’ai tourné le dos au jury, j’ai salué les élèves devant moi et j’ai fait de mon mieux pour leur donner un cours de yoga de 45 minutes, selon la méthode IYENGAR.
Je m’étais préparé au pire et ce n’était pas si difficile au final.. J'ai obtenu ma certification et quelques retours encourageants. J’en retiens qu’il faut se préparer beaucoup plus que ce qu'on pense nécessaire pour être à l’aise le jour J.
Comment envisagez-vous la suite en tant que nouvel enseignant ?
J'ai la chance d'avoir intégré l'équipe du centre Iyengar® de Strasbourg. Nous sommes maintenant 5 enseignants à Strasbourg et ça se passe vraiment très bien entre nous. Actuellement, j'ai 3 cours par semaine et on est aussi en alternance avec d'autres enseignants sur certains créneaux où chacun enseigne à tour de rôle. Je vais voir s'il y a également la possibilité de donner des cours dans un autre studio, et je fais des remplacements pour des collègues.
J'ai vraiment envie de continuer, j'ai reçu tellement de mon mentor, et lui aussi est impliqué dans l'AFYI (il a été président, maintenant il est au CTE), ça donne envie de rendre à la communauté, de donner de son temps pour être bénévole, pour la convention ou au Conseil d’Administration.
C'est pour ça que je m'investis autant, parce que j'ai de l'énergie et que je représente une nouvelle génération : à la fois jeune enseignant et jeune dans la vie. J'ai 35 ans, j'ai envie de montrer qu'on peut être jeune et pratiquer le Yoga Iyengar® ! C'est un peu dans cet esprit là que je m'investis, pour toucher un public plus jeune, pour montrer qu'il y a aussi des choses pour eux dans cette méthode.
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